Ce soir, en prime time à 21h10, sur France 2 sera diffusé « L’AFFAIRE LAURA STERN ». La minisérie événement rentre dans le cadre d’une soirée spéciale en ce mois de mars durant lequel France Télévisions tourne une nouvelle fois, une grande partie de sa programmation autour de la Journée Internationale des droits des femmes.

En septembre dernier, le Jury du Festival de la Fiction à La Rochelle – Édition 2025 la récompense en lui décernant le Prix de la meilleure série 52′ – Drama. S’en suivra deux autres distinctions au Festival CreaTVty 2025 à Sète : Prix de la meilleure série ainsi que le Prix de la meilleure interprétation pour Valérie Bonneton. Plus récemment, elle a été choisie par les organisateurs pour ouvrir le Luchon Festival 2026.

Créée par Marie Kremer et Frédéric Krivine, « L’AFFAIRE LAURA STERN » est une série d’utilité publique.

Faits.

Sur fonds de la chanson « Je t’accuse » de SUZANE,

D’abord y a eu Gisèle et puis y a eu Sophie

Isa, Khadija et Marie

Et ma copine Claire et puis y a moi aussi

Et puis toutes celles qui n’ont jamais rien dit

l’épisode 1 (de la minisérie) s’ouvre. Le réalisateur, Akim (Isker), se porte sur un visage. Un visage de femme souriant puis sur une succession de visages de femmes fermés. Graves. Silencieuses, elles écoutent le récit de la femme au visage riant. Champs contre champs se mêlent aux plans serrés. D’un plan plus large, on nous fait voir un groupe de femmes. Le groupe de femmes composant l’Association « Femmes Debout ». « Femmes Debout » fondé par Laura (Stern). Laura Stern se voit appeler le Commissariat pour le compte d’une de ses adhérentes, Audrey. Malgré une mesure d’éloignement, son mari, agité l’attend devant sa pharmacie. Son interlocuteur lui fait réponse que personne n’est disponible. Alors ensemble tel un bloc, le collectif (de femmes) entoure et accompagne Audrey pour le chemin de la crèche. Mais l’irréparable se produit.

Mais t’en as rien à faire, toi

Ce sera qu’un nom de plus sur la liste

Dans un fait divers, dans un tiroir

Des tonnes de vies classées sans suite

Mais tu vas rien faire, toi

Et c’est bien ça le problème

Justice, est-ce qu’on doit

Te faire nous-mêmes ?

Car je t’accuse

De fermer les yeux alors que t’as tout vu

Je t’accuse

Un féminicide de plus, pour les Femmes. Soit le « meurtre d’une femme parce qu’elle est une femme ». Un fait divers de plus, pour la société. Voire la Justice.

A contrario de pays européens voisins comme l’Espagne ou l’Italie, un féminicide n’est pas reconnu en tant que tel faute d’être inscrit au Code pénal. Il s’agit d’un meurtre aggravé.

Article 221-4 du Code pénal : Le meurtre est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’il est commis :  (L. no 2006-399 du 4 avr. 2006, art. 10)  9° Par le conjoint ou le concubin de la victime ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité . Soit la peine la plus forte prévue dans le droit français. La réclusion criminelle à perpétuité comporte une période de sûreté incompressible entre 18 et 22 ans.

Problèmes de Droit.

Pourquoi les forces de l’ordre maintiennent ces mesures mineures de protection ? Les bracelets, les mesures d’éloignement. Piètres solutions. Pourquoi les législateurs maintiennent cette « infraction » (pris dans le sens de manquement) de législation ? Pourquoi la Justice française maintient les femmes – ses femmes – dans une insécurité juridique ? En somme, je vous pose la question : à qui profite le crime ?

UNE femme ordinaire acculée par la sauvagerie banalisée des Hommes.

Une femme ordinaire. Une épouse. Une maman de deux enfants. Une pharmacienne de quartier. Une femme fondatrice d’une association d’aide aux femmes victimes de violences. De toutes les violences – physiques, morales, psychologiques – pour toutes les femmes de tous les milieux. Une citoyenne. Rien ne prédestinait Laura Stern à ce franchissement de ligne. La ligne de moralité. Et pourtant. (…)

Face à l’inertie des forces de police des tribunaux des institutions de la République, elle – en tant que citoyenne et femme acculée – réagit. Et Agit. Pour contrer les agresseurs les violeurs les tueurs.

Le fait déclencheur si on s’en tient aux faits : le féminicide d’Audrey devant ses yeux. Et ceux de ses femmes que Laura tente de protéger dans le cadre de l’Association « Femmes Debout ». Audrey. Et 166 autres femmes ont été en France, en 2025, victimes de féminicide*. Puis vient Camille. Une maître de conférence sous emprise psychologique de son mari. Pervers narcissique, il la détruit à petit feu, un peu plus chaque jour. À défaut d’ecchymoses, les mots sont ses maux. Et un jour, elle décide d’être maître de sa fin.

Or, Article 222-33-2-1 du Code pénal : (L. no 2010-769 du 9 juill. 2010, art. 31)  Le fait de harceler son conjoint, son partenaire lié par un PACS ou son concubin par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni de dix ans d’emprisonnement et à 150 000 € d’amende lorsque le harcèlement a conduit la victime à se suicider ou à tenter de se suicider.  (L. no 2020-936 du 30 juill. 2020, art. 9). S’ajoute donc aux 167 féminicides, les « suicides forcés ».

Maintenant et nonobstant, consciente de ses actes, Laura Stern, libre, se rend.

Conclusion.

« L’AFFAIRE LAURA STERN » est une série d’utilité publique. Je le redis. Elle est ESSENTIELLE pour faire bouger les lignes. Même internes dans les foyers où certaines femmes peuvent se sentir piégées. Cette minisérie s’inscrit aux cotés pour moi, de deux unitaires tout aussi ESSENTIELS : « L’Emprise » (porté par Odile Vuillemin) [paru en 2015] traitant de l’emprise et « Tes yeux grands fermés » (porté par Muriel Robin et Guillaume Labbé) [paru 2023] traitant de l’inceste.

J’aimerais saluer outre l’interprétation de Valérie Bonneton, celle de Pauline Parigot. Seule la scène (de l’épisode 1) dans l’intime de son couple filmée par Akim est glaçante. Sidérante. Éprouvante. Pourtant, elle affiche une force fragile.

« L’AFFAIRE LAURA STERN » mérite au-delà d’un arrêt : une Loi. Oui, Messieurs les Législateurs. Peut-être est-ce la Juriste qui écrit ? Ou simplement une femme parmi les femmes, victime parmi les victimes, consciente de son assignation dès la naissance et de ses conditions.

Aujourd’hui, il n’est pas question de méjugement mais bien, d’un vide juridique français à l’encontre de toutes ses Mariannes.

Lève-toi fils si ici nous ne sommes que poussière
Toi et moi, on est enfants d’une seule terre
Fais honneur à tes mères, à tes filles
Fais honneur à tes soeurs à leurs vies
Elles qui ont pour tous payé le prix
Trop cher du silence et de l’oubli
Ne laisse pas l’histoire nous effacer
L’histoire nous effacer

– Lève-toi (feat. Emel Mathlouthi) par Barbara Pravi

Aujourd’hui, les femmes n’ont que 64% des droits juridiques des hommes. – source ONU Femmes France.

*source : noustoutes.org