HBO Max après France 2, programme ce mercredi, la série » DÉSENCHANTÉES « .
Ce polar sériel de Claire Kanny, Solenn Le Priol et Chloé Glachant a été présenté en septembre dernier au dernier Festival de La Fiction (de La Rochelle). Il concourait dans la catégorie « Séries 52′ – Suspense ». Cette mini-série (4 x 52′) reprend librement le roman policier éponyme de Marie Vareille. Au Festival Polar de Cognac 2025, il reçoit d’ailleurs le Prix Polar de la Meilleure série – Dramatique.
« DÉSENCHANTÉES« , série franco-belge, est pour moi, de celle à classer dans la catégorie d' »utilité publique ». Face ne serait-ce qu’à l’absurdité et la dangerosité du projet de loi dit « SURE » [Sanction Utile, Rapide et Effective] porté par un certain Monsieur Gérald Darmanin. Adopté le 3 avril dernier par le Sénat.
Faits en surface.
1999. Bouville-sur-Mer. La fille du maire, Sarah LEROY, est portée disparue. Un de ses beaux-fils, Eric CHEVALIER, est rapidement accusé. Élément matériel : une veste en jean tâchée de sang retrouvée dans le coffre de sa voiture. Acte incriminant : une violente altercation sur la plage. Élément manquant : le corps de la jeune adolescente. La quiétude de la petite ville de bord de mer va rapidement tourner en un puissant maelström.
25 ans plus tard. Paris. Fanny COURTIN, journaliste pour « Le Révélateur » et enfant du pays, est dépêchée par sa rédactrice en chef pour couvrir en avant-première, la possible libération conditionnelle du présumé coupable. Avec en bagage, sa belle-fille : Lilou. Sujet exclusif de la prochaine couverture.
Eric CHEVALIER a toujours proclamé son innocence.
Problèmes de Droit.
Jusqu’à quand la représentation sociale d’une famille primera sur les yeux grands ouverts de ses membres ? Jusqu’à quand la victime sera jugée coupable ? Et non, entendue comprise et crue. Jusqu’à quand le silence par honte détruira son auteur de l’intérieur et des familles entières ?
Dans les abysses des faits. Et des familles.
Plus on avance dans la narration, plus les faits mis sous nos yeux ne sont qu’écran de fumée. Un écran de fumée aux images grises. Les dialogues sont aux mots près. Voire ciselé. D’ailleurs, Simon Rodzynek, interprétant Eder (le fils d’Angélique), se voit récompenser du Prix Jeune Espoir masculin Adami.
« ON TE CROIT » dit successivement Jasmine et Morgane à Angélique. Naît alors les Désenchantées.
Tout est chaos
A côté
Tous mes idéaux : des mots
Abimés…
Je cherche une âme, qui
Pourra m’aider
Je suis
D’une génération désenchantée
Désenchantée
(Désenchantée – Mylène Farmer (1991))
Un trio agissant dorénavant en meute. Angélique trouve enfin un soutien alors que sa meilleure amie, Sarah, est tenue de prendre ses distances au motif de convenance bourgeoise. Elles comprendront que le loup est à l’intérieur. Et sévit à chacune de ses envies. À couvert et sous couvert.
L’insondable partition est enrichie par la bande originale à quatre mains d’Audrey Ismaël et d’Olivier Coursier.
Conclusion.
Peu importe la temporalité, le féminin, génération après génération, doit toujours et encore se battre pour se faire respecter. Dans une société historiquement patriarcale. Faire respecter son corps et faire entendre ses droits.
A contrario d’un Parlement européen ayant pris position pour que le v*ol soit défini comme l’absence de consentement – soit l’absence d’un « oui » audible et libre – afin qu’au sein de chaque pays européen, la loi soit réécrite, en France, Monsieur Gérald Darmanin propose une justice allégée face à ce fléau sociologue de la culture du viol.
En effet, avec la loi SURE, un violeur pourra alors sous couvert d’un banal aveu, négocier sa peine dans le bureau d’un juge, sans procès. Une double peine pour les femmes victimes.
Lors de la 37e Cérémonie des Molières, Muriel Robin, Molière d’Honneur, a pris la parole en déclamant : Un viol, ça ne se négocie pas. (…) Je vous demande donc, Monsieur le ministre, d’être à la hauteur de ce fléau.
« DÉSENCHANTÉES » d’utilité publique est à découvrir ce soir sur HBO Max.
