L’unitaire présenté en avant-première au dernier Festival de la Fiction arrive sur la plateforme de France Télévisions, france.tv, pour le 1er jour d’Octobre rose.
Comme vous vous en doutez au regard du choix de la programmation, il traite du cancer du sein. Nonobstant, il se penche sur le 1% soit 600 cas par an des hommes le déclarant. Le carcinome canalaire infiltrant (CCI) s’immisce au sein de tout·e·s.
L’unitaire plébiscité par le Jury présidé par Clémentine Célarié a reçu, à la Cérémonie de clôture, trois prix : Meilleure réalisation pour Vania Leturcq et Meilleure Interprétation Féminine pour Sofia Essaïdi. Ainsi que le Prix de la Presse Étrangère Unifrance.
Quand le hasard curieux devient malin.
En selle, la caméra embarquée de Vania (Leturcq) nous fait rencontrer Fabrice, parti en échappée. Un cycliste à la « socquette en titane » (soit à un coup de pédale d’une aisance déconcertante). Rétropédalage : son père était un champion de la discipline, en salant la soupe*. Puis Nour. Une avocate et une mère de front.
En pillant de toutes ses forces, Nour évite de peu Fabrice, ayant déboîté sans demander son reste. En revanche, une ouverture soudaine de portière conducteur aura raison de sa conduite à bloc. Les égratignures sur son pectoral droit le conduisent à passer d’urgence une batterie d’examens (mammographie, échographie et biopsie mammaire).
L’engrenage de la médecine.. Parce que oui, c’est le propre de la médecine. Quand on cherche, on trouve ! dixit Nour. Ainsi à défaut d’un contre-la-montre, une course à étapes (mastectomie, chimiothérapie, hormonothérapie) s’enclenche.
Il faudra attendre la trentième minute pour que Nour (interprétée par Sofia Essaïdi) et Fabrice (joué par Yoann Zimmer) interagissent enfin, après pas moins de six actes manqués. Le fils de Jupiter, homme à sein, devient le mari de chimio de Nour.
Problème de santé publique.
D’année en année, le cancer du sein, ne cesse de s’étendre. De s’immiscer de manière insidieuse dans les tissus de la glande mammaire. Et même, chez les très jeunes femmes. Le cancer du sein est le plus diagnostiqué, derrière celui de la prostate et du poumon.
Pays développé et pourtant… Médecine à la pointe et pourtant… Peut-on exclure la succession de décisions politiques prises au détriment de la santé humaine ? En plus de l’évolution de la condition et du mode de vie des femmes d’aujourd’hui. En effet, le politique pointe davantage le comportement individuel des femmes et leur force de travail – en 2025, les femmes représentent 48,8 % des actifs de 15 à 64 ans et 73,4 % de celles-ci travaillent à temps complet (source : INSEE) – plutôt que les substances cancérigènes comme les pesticides dits interdits parfois ré-introduits par des lois associés à un risque accru de cancer. LE CANCER EST POLITIQUE.
En 2023, en France métropolitaine, on dénombrait 61 214 nouveaux cas. « Cancer, cancer, dis-moi quand c’est ? Cancer, cancer, qui est le prochain ? » – quand c’est de Stromae. Et 12 765 femmes nous ont quittés.
Quand le hasard malin devient gémellaire.
Nour maintient son mari et sa fille à l’écart de la maladie. Avec une distance saisissante, elle compare le « crabe » au barreau. Et suit le protocole, sans états d’âme. Fabrice, lui, se renferme dans le mensonge et s’isole.
En plus du déni en guise de protection face à cette injustice normative, la solitude devient amie.
Avec la maladie, le mouvement s’arrête brusquement. Un « Entre-Deux » s’ouvre. Brutalement, l’individu devenu patient, oscille avec la mort.
Mais vient cette rencontre hasardée mêlant fatalité et instinct de survie. On commence ensemble, on s’en sort ensemble ! dixit Nour. Un lien gémellaire se tisse. Une amitié se noue. Et ensemble, il vont accepter d’être malade, d’entrer dans le parcours de soin (le médical tout comme l’intime) jusqu’à faire le chemin vers soi. Vers l’autre.
Conclusion
Avec le prisme du sujet masculin dans un monde féminin, Valérie Magis (la scénariste) voulait remettre, je cite, « l’apparente normalité dans l’étrangeté, en réalité, qu’elle est ! ».
France Télévisions avec cet unitaire reste dans sa ligne éditoriale d’utilité publique. Et, Octobre rose reste plus que jamais, essentiel.
Au sein des autres est une ode à la [sur]vie.
N’attendez pas 50 ans pour vous faire dépister ! Au cours de sa vie, près d’une femme sur huit sera touchée par le cancer du sein.
*saler la soupe = se doper
