Le Jury du Luchon Festival 2026 ne s’est pas trompé en remettant le Prix de la meilleure série de fiction à PHŒNIX. L’an passé, au dernier Festival de la Fiction à La Rochelle, PHŒNIX avait déjà décroché le Prix de la meilleure série 52′ – Suspense.
Né et écrit à quatre mains par Louis Aubert et Matthieu Bernard, appuyés par Clément Marchand (dialoguiste), PHŒNIX dépeint une génération désenchantée – génération désenchantée portée par un groupe de jeunes activistes écologiques – et écoeurée des agissements de notre système capitaliste épuisant la Terre Mère.
Le suspens quant à sa réelle diffusion fut entier parmi l’équipe et les défenseurs dont moi-même de la minisérie. Et pour cause ! Ce thriller environnemental a inquiété vraisemblablement jusque dans les rangs de l’Assemblée nationale. En effet, lors de la commission d’enquête ayant pour titre : « Neutralité et financement de l’audiovisuel public : Stratégie éditoriale de France Télévisions » tenue le mardi 27 janvier dernier, un rapporteur aux œillères trop étriquées s’est fustigé de ce 6×52′.
Renaissant de ses cendres, PHŒNIX sera finalement accessible sur la plate-forme France.tv dès le jeudi 12 février et diffusée sur France 2 le jeudi 19 février prochain.
Faits.
Franck Brett, réalisateur, avec sa caméra fait rentrer le téléspectateur dans le vif du sujet dès les premières minutes avec des rushes tant d’une vidéo, il semble, de revendications que de ses réactions suscitées. Les revendications trouvent 23 mois auparavant, leur leader. Mathias Boissel, major de promotion, s’illustre à la remise de diplômes de son école avec un discours pour le moins controversé.
« Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » – Discours d’Albert Camus, le 10 décembre 1957 à Stockholm.
En marge d’un forum se tenant à Annecy à l’initiative des dirigeants des quatre plus grosses entreprises les plus polluantes surnommées les « Four Wastes » du vieux continent, à Paris, Genève, Barcelone et Francfort, quelque chose se trame… Un groupe de jeunes militants écologiques kidnappent simultanément leurs enfants. Cette action certes, pas très morale est précisément le seul moyen rationnel de capter l’attention de ces Messieurs / Dames les « CEO » pour un coup de poker.
Problème de Droit.
User d’une certaine forme de violence discrédite-t-elle le propos défendu ? Mais ne devrions-nous pas nous demander plutôt : pourquoi la population et notamment, la jeune génération dite « effrondriste » en arrive à de telle(s) action(s) ?
JOKER : Quand « écoterroristes » et « otages » s’unissent pour éveiller les consciences.
Même si leur plan était bien rodé, même si le réquisitoire se veut juste, même si leur doléance n’était pas dissonante, l’écriture à quatre mains du scénario leur réserve quelques embûches (agent de recherches ; garde du corps ; mouton égaré ; départ d’incendie…). Ainsi qu’à nous. En ça, nous sommes au final, tous « otage » d’une certaine tension.
« Toutes les entreprises dépendent de la biodiversité, ont un impact sur elle, et peuvent être des agents d’un changement positif. » démontre le nouveau rapport mondial dédié au secteur privé du lundi 9 février dernier rendu par La Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques. (l’IPBES, surnommée le « Giec de la biodiversité »)
Les « otages » au contact de leurs ravisseurs réalisent les causes à effet d’une inaction globale. Et de la condamnation du vivant. Ainsi au fil de la narration, une collaboration sincère captée par Franck (Brett) avec des plans resserrés, naît entre les membres du PHŒNIX et « les enfants de Demain » pour un cri du cœur.
Conclusion.
Ce thriller environnemental ayant fait peur à un dit rapporteur révèle en réalité, la situation de non-retour dans laquelle le politique voire les gouvernements nous maintiennent. Oui, l’écologie est politique ! Au-delà du greenwashing* perpétué par les multinationales, de la désinformation climatique [note : en 2025 selon une étude de l’Observatoire des médias sur l’écologie publiée le jeudi 5 février dernier, 665 fausses informations sur le climat ont été véhiculées par les médias audiovisuels français.], PHŒNIX vient interroger. Interroger le téléspectateur, le consommateur et l’humain parmi les autres êtres vivants que nous sommes. Pouvons-nous ne pas défaire le monde ? Plus qu’il ne l’est déjà !
La série « PHŒNIX » remportera-t-elle un troisième Prix à la Berlinale Series Market 2026 ? Comme dirait un certain dicton : Jamais deux sans trois ! Au-delà de la reconnaissance des différents jurys, je suis fermement convaincue qu’elle remportera l’opinion publique parce que oui, ce 6×52′ se veut être d’utilité publique.
note de la rédaction : le greenwashing ou écoblanchiment est le comportement d’entreprise(s) avec un plan de marketing ou des soldats en relations publiques dans le but de préserver et étendre leurs marchés en se présentant comme responsable face aux enjeux écologiques – définition de l’organisation CorpWatch.
Casting 5 étoiles et international : Léo Legrand (Mathias Boissel), Marie Colomb (Eloïse Boissel), Will Attenborough (James Willis), Catalina del Rosario (Alma Castera), Alva Schäfer (Nina Lehdale), Gaël Langouet (Elias Bochatay), Pauline Pollmann (Lyne Frankenheimer), Jules Porier (Antoine de Montchanin), Matéo Paitel (Sandro Sanchez), Cataleya Richard (Sony), François Berléand (Jean Humbel)…
